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Robert Mallet-Stevens – Note concernant quelques modifications à apporter à l’enseignement de l’École des Beaux-Arts de Lille (1935)

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Note concernant quelques modifications à apporter à l’enseignement de l’École des Beaux-Arts de Lille (1935)

Les élèves de l’École pourront se diviser en deux catégories principales : les amateurs, les professionnels. Par « amateur », nous entendons ceux qui s’intéressent à l’art sans idée d’en tirer profit pécuniairement, mais avec le désir d’élever leur niveau intellectuel, de se créer des loisirs intelligents et de se composer un « cadre » pour leur existence et celle de leur famille. Parmi les « amateurs » peuvent se révéler de réels talents, voire des génies ; ils sont donc à suivre et à diriger avec infiniment d’attention. 

Par « professionnels », nous comprenons ceux qui se destinent à une carrière artistique. À ceux-là, nous devons donner un enseignement solide et des possibilités de « vivre » dans l’avenir. À tous, il convient de communiquer l’enthousiasme qui fait le travail dans la joie et qui est la source même de l’Art. L’École des Beaux Arts de Lille comprend : des amateurs et des professionnels. Ce sont donc, réunis pour quelques années des acheteurs que nous voulons intelligents et des créateurs dont peuvent dépendre le succès d’une industrie, d’une région, sinon du pays : L’Art doit être utilisé à des fins sociales : tout homme a droit à la Beauté et nous estimons que tous les ustensiles de la maison que ce soit : la cafetière, le tire-bouchon, la poignée de porte, le robinet, le téléphone, aussi bien que la carrosserie d’auto, la locomotive, les meubles, le jardin, tout peut être bien. Le mauvais goût, la laideur doivent entre prohibés. Une École pour progresser doit être vivante. Elle doit être « jeune », aller de l’avant en s’appuyant sur un passé solide. Ces quelques réflexions nous ont amenés à proposer dans l’enseignement de l’École des Beaux Arts de Lille les quelques modifications qui suivent : 

  1. – Réviser les heures des différents cours afin de permettre aux élèves de suivre quelques cours indispensables. Par exemple : Obligation, pour les Architectes, les peintres, les Sculpteurs, les graveurs, les décorateurs, de suivre les cours de perspective et d’histoire de l’Art. Obligation pour les décorateurs de suivre les cours d’aquarelle où on leur apprendrait surtout à manier la gouache. Obligation pour les Architectes de suivre les cours d’aquarelle où ils apprendraient à représenter un arbre, un toit, une pelouse, un ciel. 
  2. – Création de cours qui paraissent indispensables : Béton Armé — Acier —. Ces matériaux sont la base de la construction contemporaine et ne peuvent être ignorés. 
  3. – Salubrité-Hygiène, comprenant éclairage diurne, chauffage, ventilation, propriété des matériaux quant à la propagation du bruit, de l’humidité, de l’air, etc.. Aménagement du sanitaire, fosses, égouts, épandage, etc.. Dispositions des locaux : cube d’air, salles de spectacles, constructions rurales, etc.. , etc. 
  4. – Liaison de l’École des Beaux Arts avec l’École des Arts Appliqués : Visites, programmes conjugés, etc.
  5. – Visites accompagnées du Musée. Le Musée de Lille, après le Louvre, est le plus beau musée de France. Cette chance ne doit pas être mise de côté. Les visites (10 élèves maximum) seraient accompagnées, les maîtres présenteraient les œuvres sans développement trop long, suggérant autant qu’enseignant. Les visites ne dépasseraient pas 45 minutes. Les Architectes suivraient les chantiers de construction, visites accompagnées (10 élèves maximum). Les Graveurs pourraient visiter avec fruit les imprimeries, les Décorateurs les tissages, les ébénistes… etc. Chacun devrait pouvoir apprendre sa profession « en fonctionnement ». – Les programmes à exécuter par les élèves devraient être légèrement modifiés : a) — Décorateurs : Projets d’intérieurs, meubles, décors de théâtre, maquettes papiers peints pour pièces entières (manière Vernet : architecture, paysages, bateaux, etc.), ces papiers étant très demandés aux Etats-Unis. b) — Dessin : Aux modèles antiques, adjoindre des modèles : chinois, égyptiens, modernes, gothiques, précolombiens, etc. c) — Gravure : Pousser davantage la composition : livres à illustrer, partitions de musique, gravures pour enfants, etc. Choisir pour la copie des modèles modernes intéressants permettant l’éducation artistique des élèves. d) — Sculpteurs : Étude de mouvements, même en fils de laiton pour attraper des attitudes, le modèle vivant posant au maximum un quart d’heure. Compositions faites pour l’Architecture : obélisques, tympans, bas reliefs, etc.. Modèles animaux quelques fois. e) — Peintres : Esquisses de couleur et de mouvement, le modèle vivant ne posant qu’un quart d’heure maximum. Fresques si possible, le placement étant presque certain. Études à faire à la maison de l’histoire du costume : croquis, compositions pour l’Architecture : sujets modernes, modèles animaux parfois. f) — Architectes : Projets à étudier connaissant les abords, les cotes de niveau, l’orientation. Programmes actuels nouveaux : Sous-Station électrique, aérogare, cinéma, garage d’autos, poste d’essence, poste de T.S.F., etc. 6 ») — Tous les programmes seraient soumis par les Professeurs à la Direction de l’École. La commission en aurait connaissance de façon à suivre les efforts et les progrès des élèves.
  6. – Pour tous les élèves, apprendre à écrire : graphisme, mise en page, etc.. 
  7. – Conférences à faire par des hommes très connus tant par leur activité que par leur passé. Ces conférences donneraient de la vie à l’École, ouvriraient des horizons nouveaux aux élèves et la qualité de premier plan des Conférenciers donnerait à l’École un juste renom. 
ÉCLAIRAGE A. SALOMON
VITRAUX L. BARILLET
MEUBLES R. HERBST
HYGIÈNE Docteur DEQUYDT
AFFICHES Jean CARLU
PEINTURE A. GLEIZE
SCULPTURE J. MARTEL
ARCHITECTURE G.H. PINGUSSON
URBANISME LE CORBUSIER
TYPOGRAPHIE Ch.PEIGNOT
LE GAZ GAUMONT
MAISON MINIMUM BARRET
DÉCORATION INTÉRIEURE P. CHAREAU
JARDINS & PARCS J. GREBER
BIJOUX ORFEVRERIE R. TEMPLIER
HISTOIRE de l’ART FOCILLON
HISTOIRE GOTHIQUE ABRAHAM
DÉCORS de THÉÂTRE Paul COLIN
GRAVURE LABOUREUR
CONSTRUCTION FREYSSINET
COMPOSITION DECORATIVE BURKHALTER
ÉTHNOGRAPHIE G. H. RIVIÈRE

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