Charles Gauthier – Dnsep 2012

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Aujourd’hui, il est possible pour un designer de fabriquer des objets très complexes avec les même finitions que le production de masse. Loin de la fabrication industrielle, de nouveaux procédés plus ou moins accessibles permettent de fabriquer sans la construction préalable d’un moule. Appelé prototypage rapide, les imprimantes 3D réalisent des objets à partir de fichiers numériques en déposant de manière successive des couches de plastique ou de résine (stéréolithographie). Le faible coût de ces imprimantes a fait apparaître des nouvelles formes de dessin aussi bien sur le plan esthétique que sur le plan constructif. Bien sûr, ce procédé est un outil pour le designer, mais il démocratise l’industrie qui tend à se domestiquer, en comparaison avec la photo argentique et numérique, où l’individu lambda peut facilement prendre et retoucher des images contrairement au développement et tirage photo. Patrick Jouin, designer français a montré le potentiel de cette méthode avec des petites séries de mobiliers qui ont largement valorisé ce procédé. En comparaison avec l’apparition du tube cintré à l’époque du Bauhaus ou l’utilisation de la fibre de verre par le couple Eames, les nouveaux procédés de fabrication amènent souvent à de nouvelles typologies de formes. Trop tôt pour vraiment le définir on constate un lexique formel qui se dégage de cette nouvelle méthode de fabrication. Le travail de programmation et l’invention de machines par les designers et architectes conduisent à d’autres pensées de la forme fondées sur des principes tels que les variables, la multiplicité, l’indétermination. De nouvelles possibilités voient le jour, aussi bien constructives que dans le rapport à la production et à la consommation. Les machines et commandes numériques prévues pour réaliser des actions multiples – solidification ou sécrétion de matière, perforation, découpe selon des axes différents, traçage, déplacement et positionnement d’éléments – entraînent des logiques de conception, et, par là même, un imaginaire de conception spécifiques. Il ne s’agit plus de penser le dessin général d’une forme, mais d’écrire des lignes de code (scripts et algorithmes), de mettre au point de véritables programmes informatiques de production et de pilotage des machines permettant de définir le cheminement d’un outil dans l’espace ainsi que le comportement et les déformations de la matière.

“Ce sont ainsi autant la façon dont le design est produit que ses modes de conception qui se trouvent bouleversés.” Les technologies font évoluer les pratiques, tandis que l’imagination des concepteurs s’infléchit à leur contact. Un double mouvement s’opère : les concepteurs poussent dans leurs retranchements les machines et les programmes jusqu’à les modifier tandis que les programmes et les machines alimentent et stimulent l’imagination des designers, ouvrant de nouvelles perspectives, en termes de conception des formes, mise en forme de la matière, organisation du travail et possibilités productives.

Programmation

Le langage informatique n’est plus réservé aux informaticiens, la programmation permet l’élaboration d’interfaces, d’applications, d’oeuvres numériques  en constante évolution. Le numérique étant de plus en plus présent dans notre quotidien, le design investie ce domaine afin de réfléchir sur des nouveaux usages, et de nouveaux outils. On constate d’ailleurs que les écoles supérieures se spécialisent dans ce domaine avec des enseignements sur le langage informatique, la visualisation d’informations, la robotique, et la conception d’objets interactifs. Les productions issue de ces procédés s’inscrivent aussi bien dans l’Art, le Design ou l’Architecture. L’atelier Hypermedia des Beaux Arts de Marseille reflète bien cette ambiguïté puisqu’il s’inscrit à la fois comme un pole Art et Design. Le journal web Strabic aborde le Metadesign en s’appuyant sur le cabinet d’architecture [au] qui témoigne vraiment de cette hybridation. « Les projets de LAb[au] sont principalement des œuvres interactives, des performances audiovisuelles ou des scénographies qui se fondent sur leurs propres programmes informatiques. Les processus logiciels sont des parties intégrantes de leur travail, qui leur permettent de formuler un projet artistique travaillant les qualités matérielles de la computation (calcul par ordinateur). Suivant les principes de la cybernétique, les projets de LAb[au] élaborent des processus et des systèmes basés sur des règles (on pensera aux instructions des « Wall Paintings » de Sol Lewitt ou aux « Musikalisches Wurfelspiel » de Mozart) : c’est ce que l’on nomme un système génératif.

Un système clos est alors créé et permet ainsi des élaborations formelles dont les processus paramétriques sont exécutés indépendamment de la présence de l’auteur. La notion de système génératif est plus que jamais d’actualité en art et en arts appliqués (on pensera à « l’architecture non standard » de Zaha Hadid, à François Brument et ses programmes « Chair#… » et « Vases#… » ou encore au récent ouvrage de graphisme « design génératif » édité dernièrement chez Pyramid). « Meta » en informatique désigne un niveau fonctionnel de données décrivant d’autres données nécessaires pour (re)construire l’information. Comme les données numériques subissent une réduction en signaux binaires fait de 0 et de 1, l’information a donc besoin d’information pour être traitée.

“Le « MetaDeSIGN », c’est donc l’art de concevoir des systèmes basés sur des codes afin de transcrire de l’information et ses processus sous forme d’artefacts textuels, graphiques, sonores ou encore spatiaux.”

C’est ce que les membres de LAb[au] nomment le processus d’« inFORMation ». Le « MetaDeSIGN » n’est pas un nouveau design, il « propose une approche constructive du design : une amélioration du processus créatif au point de rencontre de l’art et de la science ». Au-delà d’être considéré comme un simple outil, ce design dit génératif « considère les artefacts comme étant le résultat d’un processus, comme étant un système en eux-mêmes, cohérent avec les paramètres culturels et technologiques, comme étant les signes d’une société technologique. » »

 

 

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