Case Study n°22 – 1959 – Pierre Koenig (1925-2004)

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Kœnig a conçu pour le Case Study Program deux villas. Celle-ci conçue en 1959, tire remarquablement parti du site particulier qui lui a été imposé. Le terrain fait 150 pieds sur 86 pieds, il est situé sur le bord d’une falaise dominant la ville de Los Angeles.

Les pièces standards utilisées par Kœnig pour construire sa maison sont les mêmes que celles utilisées pour la construction d’architecture commerciale. L’idée de Kœnig de détourner des éléments métalliques pour construire une maison individuelle vient du fait que les producteurs d’acier refusèrent dans un premier temps, d’adapter leur gamme à la construction domestique. Ceci s’explique par le fait que le volume de vente qu’ils pouvaient réaliser pour l’architecture des maisons semblait trop faible.

Seulement deux dimensions de poutres en métal sont utilisées pour la maison : des poutres en I de 12 pouces (environ 30 cm), ainsi que des colonnes H de 4 pouces (environ 10 cm).

Cette structure est disposée sur une trame structurelle de 20 pieds (6 m). — La toiture est composée de T de 5 pouces ce qui lui permet de supporter les 20 pieds entre poutres ainsi que les portes à faux de 7 pieds.

Koenig: “I have always dreamed of using stainless steel, but it was prohibitive in price. The new steel will be truly stainless, there are no open pores on the surface. To patch a nail hole you simply apply vinyl paint of the same color”.

Le projet se compose sur une trame de 10 X 10 pieds. L’ensemble du projet s’inscrit dans un carré de 80 pieds de côté (environ 24,5 mètres). La villa prend la forme d’un L occupant les côtés nord et est du carré. La maison a une épaisseur régulière de 20 pieds correspondant à la trame structurelle et régulière du bâtiment. La partition des fonctions et des espaces est particulièrement limpide : dans l’aile nord sont les espaces individuels, les chambres. Dans l’aile est, les espaces communs. La maison est adossée sur une barrière opaque. Cette barrière d’opacité continue et unique isole la maison de la rue. Cette barrière forme véritablement la limite entre l’intérieur et l’extérieur de la maison. Ainsi, elle renvoie certains espaces vers l’extérieur tel que le porche. Par conséquent, l’entrée véritable dans la maison se fait paradoxalement au moment où sortant de l’espace couvert du « car-port », on franchit le mur pour se retrouver sur la terrasse au bord de la piscine. Les espaces de vie, communs, sont traités dans une continuité totale. Terrasses, Séjour, Salle à manger. Cette zone de continuité est désignée dans le schéma par la zone grisée de points. Les espaces de vie clos sont rassemblés à l’est de cette zone. La limite entre intérieur et extérieur est aussi discrète que possible. Totalement transparente, elle est traitée par de très larges baies vitrées. Le rythme de ces baies est complètement calqué sur celui de la structure. Les quelques îlots au milieu de la zone de continuité sont les éléments fonctionnels et qui opacifient ces espaces de vie. Ce sont les éléments de cuisine, la cheminée. Ils sont traités de façon à ce qu’ils n’entravent absolument pas la continuité ressentie de l’espace. En effet, ceux-ci sont traités comme du mobilier. Ils adoptent une position flottante dans l’espace, ils ne se rattachent à aucune de ses limites aussi bien verticale qu’horizontale. Ils viennent ainsi de manière complètement secondaire occuper l’espace.

Au fond, on note l’opacité de l’aile occupée par les chambres permettant d’adosser la maison et de la séparer de la rue. On voit ici au premier plan, la grande continuité des espaces communs, rythmés de manière très large par la structure métallique. Seuls quelques éléments flottants viennent opacifier par endroit l’espace. Cette continuité est renforcée par la très grande présence de la toiture et la décomposition du sol.

La Toiture : elle est complètement débordante. Par des effets de porte à faux, elle étire totalement l’espace. Elle brouille totalement la lecture de la limite entre espaces extérieurs et intérieurs.

Le Sol : la villa est située sur le bord d’une falaise. Le sol de la maison vient par endroit légèrement en surplomb au-dessus de la pente et en retrait à d’autres endroits. Cette décomposition du sol est soulignée par la présence et le traitement réservé à la piscine. Ce jeu entre le sol et la toiture achève de donner à l’espace un caractère « suspendu ». La seule frontière qui semble être claire est celle qui sépare la villa de la rue. Toutes les autres limites qu’elles soient verticales ou horizontales semblent se fragmenter complètement pour disparaître totalement. Ainsi l’espace intérieur de la villa semble voler totalement entre ciel et terre.

Source : http://www.archigraphie.eu/?page_id=172

 

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