Arnold de Giovanni – Dnsep 2009

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Préliminaires 

Le sexe. Il paraîtrait que nous y pensons en moyenne toutes les six minutes…
Sa simple évocation était autrefois contraire aux bonnes mœurs et répréhensible. Tabou, immoral, subversif !

Après quarante ans de « jouissance sans entraves », après avoir inventé « de nouvelles perversions » — pour reprendre le slogan de 68 — nous vivons aujourd’hui une époque caractérisée par une liberté sexuelle et une ouverture d’esprit sans limite.
La libération sexuelle a fait son travail, le sexe a pénétré nos vies, de gré ou de force. Le raccourci est peut-être rapide, le sexe ou son allusion nous guette à chaque instant. Sur nos écrans, dans la rue, dans les objets, dans la publicité. Pas de magazine de société sans sa rubrique erotico-coquino-sexy. Jamais le sexe n’a autant fait vendre.

Du sujet tabou, nous sommes passés au sexe obsessionnel et marchand, à un loisir de plaisir répondant à une société basée sur la réussite personnelle et le plaisir individuel et immédiat.
Finies les images échangées fébrilement sous le manteau, fini l’Enfer des bibliothèques, finis les vibromasseurs de vente par correspondance vendus pour masser nos joues molles.

Aujourd’hui nous sommes libres — et l’on en abuse — de montrer des seins, même pour vendre des asperges. Pourtant, quoi qu’il évoque en nous, le sexe, aussi libéré et débridé soit-il, reste une affaire singulière et de l’ordre de l’intime. La libération sexuelle a permis d’évacuer le côté « sale » — celui de l’obscur plaisir — de la sexualité, mais il persiste toujours un paradoxe, ou tout du moins un décalage, entre la « réalité » de nos pratiques et sa représentation.
Je ne prétends pas, à travers les réflexions qui vont suivre, entamer une quelconque étude sociologique ou de l’ordre de la sexologie. Une première question se pose dès lors à moi, si la sexualité s’affiche en société, surtout à travers la publicité ;

comment se révèle-t-elle dans nos intérieurs, sphères de l’intime ?

Précisions 

Quelle sexualité ? 

Toutes, s’il faut les définir au pluriel. Au cours de ma recherche, je ne me restreins pas à telle ou forme de sexe. Je dirai simplement que je m’intéresse à celles faites de nos petites cochonneries et « déviances » ordinaires.

• Mon érotisme 

C’est dans ce que les hommes ont de plus commun qu’ils se différencient le plus. Blaise Cendrars

Difficile de définir l’érotisme, voire impossible d’en donner une définition. Je suis plus enclin à considérer des éroti aussi pluriels — propres à chaque individu. Votre sens érotique ne sera pas celui de votre voisin et se trouve souvent lié à la frontière subtile qui le sépare de la pornographie. La phrase suivante d’André Breton « la pornographie, c’est l’érotisme des autres » peut résumer le problème. L’érotisme est avant tout une construction mentale, une recherche — ou un jeu — psychologique dont l’imaginaire au des sens tient une part primordiale.

Pour moi l’érotisme est allusif. Elliptique. Ambigu. Équivoque. Métaphorique. Métonymique. Pluriel. Un point de vue implicite. Sous-jacent.

Avec un intérêt particulier — et une relative fascination — quand l’érotisme « dévie » vers des formes de fétichismes divers. Je me raccroche aussi à la tentative de définition de Georges Bataille, celle qui exprime pour moi la limite ultime et le paradoxe de l’érotisme : « De l’érotisme, il est possible de dire qu’il est l’approbation de la vie jusque dans la mort. » Introduction de L’Érotisme, Georges Bataille)

Jury Dnsep 2009

Agnès Barruol : Conservatrice en chef du patrimoine

Carine Altermatt : Artiste.

Michel Bouisson : Directeur du VIA.

Kacem Noua : Artiste.

Philippe Delahautemaison : Architecte, représentant l’école.

 

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